La richesse des connaissances sur architecture durable que nous avons accumulées jusqu’à présent, nous apportent une grande éventail de solutions. Elles sont multipliées encore par les nouveautés technologiques avec des labels verts divers. Mais ceux-ci se révèlent parfois être un cheval de Troie. Même avec les meilleures intentions, on peut se perdre en optant pour des solutions finalement peu écologiques ou inappropriées pour une situation donnée. La question du choix des solutions devient donc cruciale pour garantir des conceptions réussites.
C’est là où l’approche permacole peut nous aider. La permaculture se distingue des autres méthodes de conception par son fondement éthique solide. Grâce à des principes concrets, elle fait appel au bon sens que nous perdons si souvent face à des choix sans fin. Elle se concentre sur les interactions et se caractérise par un processus structuré, qui facilite l’optimisation des systèmes. Toby Hemenway s’exprime comme suit : « la permaculture explique comment choisir parmi l’énorme boite à outils créée par l’humain pour vivre, afin de résoudre le ‘nouveau’ problème de la durabilité. »
Éthique au-delà de RSE
Contrairement à de nombreuses autres approches de conception, permaculture s’appuie sur l’éthique qui se distingue par son équilibre entre l’homme et la nature, définie par Bill Mollison:
En fait, l’éthique est l’ancrage beaucoup plus significatif que la responsabilité sociale des entreprises (RSE) à laquelle elles ont l’habitude de se référer. En réalité, la RSE devient la nécessité et elle peut se limiter à la communication et marketing. Bien au contraire, l’identification avec l’éthique est notre choix, découle de nos valeurs et de la volonté de que nos efforts soient bénéfiques pour le monde. L’éthique constitue donc le premier filtre de projet. Dès le début et en chaque étape de la conception on se pose des questions: Ce que nous faisons est-il respectueux de la planète ? Est-ce que cela prend soins des gens ? Réinvestissons-nous une partie des produits de conception pour soutenir la terre et les gens ?
Les mots-clés dans la permaculture sont des relations et des fonctions. Les relations sont souvent plus importantes que les éléments en soi. En effet, en créant des interactions entre des composants de système, on obtient des nouvelles fonctionnalités impossibles à obtenir par les éléments séparément. Ainsi on profite des synergies. L’astuce consiste alors à placer les composants dans la meilleure configuration possible les uns par rapport aux autres pour obtenir le résultat désiré.
Prenons l’exemple d’un mur extérieur porteur. Il sert de barrière verticale entre deux espaces et de support de la structure d’un bâtiment. Il est donc en relation avec l’intérieur, l’extérieur, des fondations, des dalles, etc. Mais si on pense des fonctions potentielles de ce mur, on commence à apercevoir autres relations possibles et les emplacements qui en résultent. Le mur peut capter l’énergie, servir comme un support pour la végétation, faire de l’ombre, constituer des habitats pour la faune ou flore, protéger contre le bruit, servir de support pour une œuvre picturale, permettre une escalade, etc. Il est important de réaliser que tout dans le design a des caractéristiques et des fonctions que nous n’avons pas sélectionnées ou remarquées.
C’est la raison pour laquelle un des premiers pas dans le design permaculturel est de lister toutes les fonctions considérées ou souhaitées dans le projet pour voir les connections potentielles entre eux. Lorsque l’on pense aux interactions, il faut également prendre en compte les mécanismes d’auto-organisation et évolution de système donc des relations sociales et écologiques non intentionnelles. L’observation et la prise en compte du retour de la part de système créé constitue est caractéristique d’approche permacole.
Principes-filtres
La permaculture offre des principes qui filtrent nos idées et nous guident à créer des interactions les plus favorables dans le site donné. Ils servent comme outils qui nous aident à reproduire les modèles observés dans la nature. Après tout, rien comme la nature n’est capable de créer des systèmes auto-renouvelables, résilients et abondants.